FORUM DU FUTUR


"La bataille du Brésil pour retrouver la confiance des marchés"

Petit-déjeuner débat du 10 février 1999


S.E. Monsieur Marcos de AZAMBUJA

Ambassadeur du Brésil à Paris

 

Le dynamisme des secteurs production et services au Brésil, huitième économie mondiale selon les paramètres classiques de positionnement du PIB (Produit Intérieur Brut), ou sixième économie mondiale, si l'on adopte le critère de parité du pouvoir d'achat interne de la monnaie, offre des conditions favorables à un  rapide rétablissement  du pays, malgré les pressions auxquelles il a été soumis dans un contexte financier international extrêmement volatil.

 
D'autre part, la complexité d'un pays de la dimension du Brésil a exigé du gouvernement une attitude ferme et convaincante, tant en termes de restructuration économique que d'adoption de mesures d'austérité budgétaire et de promotion du développement durable. Cette politique a demandé une gestion pointue du processus d'ajustement, car les arrangements se font dans un contexte pleinement démocratique, présentant un large spectre d'intérêts de la société, représentée par des partis aux sensibilités différentes.

 
Les mesures et les orientations étant le fruit de l'élaboration de consensus soigneusement élaborés, il devient possible d'établir des paramètres transparents et stables. C'est à dire que la société a approuvé, de façon graduelle mais définitive, la restructuration économique entreprise et les mesures d'ajustement adoptées.

 
Ainsi, si d'un côté le processus d'ouverture et de restructuration de l'économie a été plus lent que prévu, de l'autre, les conquêtes sur les plans de l'insertion internationale de l'industrie du pays, de la privatisation et de la concession de services publics, de la transformation technologique et de l'augmentation de la compétitivité des biens et des services, ont été définitives.

 
Perspective historique

 Depuis que le modèle de substitution des importations a montré ses limites, modèle qui visait à rendre le pays le plus indépendant possible dans tous les secteurs, par le biais d'une expansion productive verticale et horizontale, le gouvernement brésilien a, depuis 1990, adopté des mesures d'ouverture, d'ajustement et de restructuration de son économie, par des étapes successives d'approfondissement de ce processus.

 
Dans un premier temps, les secteurs protégés du marché ont été éliminés, les taxes à l'importation ont été ramenées à une moyenne de 12 %, dans le cadre des négociations du Mercosur, et les barrières non tarifaires ont été supprimées. En 1994, le processus s'est vu renforcé par l'implantation du Plan Réal, qui avait pour objectif de stabiliser la monnaie, d'encourager la compétitivité, d'insérer le Brésil dans les flux dynamiques du commerce, des investissements et du transfert de technologie, et de créer les conditions adéquates d'un développement durable du pays, de façon à permettre l'accès croissant de toutes les couches sociales à un niveau de vie satisfaisant.

 
En ce sens, avec l'approbation des amendements constitutionnels, a été amorcé un processus de restructuration économique par le biais de l'ouverture des monopoles au capital étranger, de la privatisation et de la concession des services publics, de la réforme de l'administration de l'Etat et de la prévoyance sociale, de la consolidation des négociations dans le domaine commercial, y compris par le renforcement du Mercosur, et du maintien de la parité du Réal par rapport aux monnaies fortes.

 
Conséquence de ces mesures, le montant des ressources internationales (146 milliards de dollars US en 1998), surtout en termes d'investissements directs (26 milliards de dollars US en 1998), a augmenté de façon vertigineuse, les réserves ont atteint des niveaux substantiels (plus de 70 milliards de dollars US avant la crise russe), le commerce extérieur a également augmenté de façon significative, passant de 52 milliards de dollars US en  1990 à 113 en 1997.

 
L'impact de ce processus sur l'économie et la société a été prépondérant. La baisse de l'inflation au niveau de celle des pays développés (2,49 % en 1998) a permis l'accès au marché de 12 millions de personnes qui vivaient en dessous du seuil de pauvreté. La croissance soutenue de la population (14,5 % entre juillet 1994 et 1998), confortée par une augmentation de l'indice de productivité, a fait passer le PIB à 800 milliards de dollars US et le revenu par habitant à plus de 5000 dollars US, en consolidant la position du pays parmi les plus grandes économies du monde. Les programmes d'aide sociale ont permis d'augmenter le taux d'alphabétisation (95 % des enfants entre 7 et 14 ans), la réduction des taux de natalité à moins de 1,9 % et l'amélioration du taux d'espérance de vie.

 

Evolution récente

 
Face à un contexte international de plus en plus volatil, qui a culminé avec la crise russe, et malgré les efforts du gouvernement brésilien pour adopter des mesures pouvant neutraliser les conséquences de cette situation, comme la restructuration totale du système financier, les mesures d'ajustement budgétaire adoptées se sont révélées insuffisantes pour contenir les pressions opérées sur la monnaie. Le modèle de change à parité glissante entretenait, par ailleurs, une rigidité incompatible avec le contexte économique auquel le pays était alors exposé. Le déficit croissant des comptes courants (35,2 milliards de dollars US en 1998), fruit également du déficit commercial, constituait un élément de pression supplémentaire sur le Réal. Même la perte substantielle de réserves, s'est révélée inutile pour redresser la situation.

 
Dans ces conditions, le gouvernement a décidé, début janvier 1999, d'anticiper la mesure (dont l'adoption était prévue à la suite de celle de toutes les autres réformes) consistant à laisser flotter librement la monnaie, jusqu'à ce qu'elle trouve son niveau d'équilibre. Il a cherché, en même temps, à négocier un accord avec les principales agences financières internationales et les gouvernements des pays développés pour recomposer ses réserves.

 
Naturellement, malgré la conclusion de cet accord qui a permis d'obtenir 41 milliards et demi de dollars US en plusieurs versements, la dévaluation du Réal a connu au départ un "overshoting" qui s'est traduit par une perte de plus de 50 % de sa valeur. Toutefois, l'action ferme et résolue de la Banque Centrale brésilienne, reposant sur un programme d'ajustement budgétaire mis au point avec le FMI, qui prévoit des excédents de recettes fiscales allant croissant (3,1 % en 1999) et la réduction du déficit sur les transactions courantes, basée sur des objectifs inflationnistes revus à la baisse, a rétabli l'équilibre beaucoup plus vite qu'on ne pouvait l'espérer.

 
En effet, le taux de change actuel de 1,65 Réal pour 1 dollar US, soit l'équivalent d'une dévaluation de moins de 30 % de la monnaie brésilienne, correspond aux attentes moyennes du marché. Les taux d'intérêts, établis dans le cadre d'une politique monétaire rigide, baissent rapidement : le niveau actuel de 23,5 %, encore élevé compte tenu de la fixation des prévisions en matière d'inflation à un seuil de 6 % en 1999, devrait baisser jusqu'à atteindre un taux légèrement supérieur à 10 %. Les indicateurs publiés récemment par l'Institut Brésilien de Géographie et de Statistique montrent que l'économie est techniquement sortie de la récession, avec une croissance de 1,02 % au premier trimestre par rapport au précédent.

 
Parallèlement, le gouvernement brésilien a fait face à quelques questions structurelles : outre le fait de poursuivre le programme de privatisation et de concession des services publics, qui se concentre, pour l'heure, sur le secteur de l'électricité et quelques grands projets d'infrastructures, il a cherché à régler la répartition des tâches entre les niveaux fédéral, de l'Etat ou des communes, et à finaliser la réforme budgétaire et fiscale, ainsi que la seconde étape de la réforme du système de prévoyance.

 

Perspectives d'avenir

 
Malgré les efforts déployés par le gouvernement et la société ces dernières années, nombre de défis restent encore à relever pour doter l'ensemble de la société brésilienne d'une qualité de vie adéquate. Le Brésil n'est plus un pays sous développé, mais il continue à présenter des disparités très grandes entre régions et groupes sociaux.

 
En effet, les indicateurs à moyen terme, même ceux mis au point avec le FMI, qui rien qu'en trois mois ont déjà été dépassés, montrent des indices positifs de développement : taux d'inflation autour de 5 à 6 %, croissance soutenue de 4 à 5 % par an, intérêts nominaux (13,7 % en 2001) et dette nette (44,3 % du PIB en 2001) en baisse.

 
Ces éléments sont une étape de la résolution des questions qui, à long terme, ne pourront être réglées que par des politiques portant sur les structures destinées à élever le niveau de vie de la société dans son ensemble. Les bases visant à l'adoption de ces politiques sont là, telles les mesures de restructuration économique, la consolidation de la stabilité politique et l'équilibre du taux de croissance de la population. Dans ce contexte, seul l'élévation du niveau de formation de la société, surtout de ses segments les plus jeunes, et l'assimilation et le développement de technologies et de savoir-faire compatibles avec le rythme de dynamisme de l'économie internationale permettront que le niveau de qualité de vie du pays corresponde à sa position en termes de capacité productive.

 
En ce sens, le Ministère des Projets Stratégiques, en partenariat avec les institutions de recherche du pays, a travaillé à toute une série de scénarios à long terme (année 2020), dans un cadre international à géométrie variable qui comprend, naturellement, tout un éventail de possibilités.

 
Compte tenu d'une évolution internationale relativement favorable, la consolidation des réformes économiques en cours dans le pays, et l'engagement du gouvernement et de la société à faire de l'éducation et de la transformation technologique des secteurs prioritaires de son développement, les études misent, pour le Brésil, sur les possibilités suivantes :

 
·        La consolidation de sa position comme étant l'une des six ou sept plus grandes puissances mondiales,

·        Un PIB de 50 % supérieur à celui de l'Allemagne actuellement (selon les critères habituels)

·        Un revenu per capita au niveau de celui de l'Italie aujourd'hui

·        Un volume de commerce extérieur qui se situerait entre celui du Canada et du Japon aujourd'hui

·        Une avancée de l'intégration économique en Amérique du Sud

·        Une modernisation poussée de sa technologie et le développement des niches de compétitivité, y compris dans le secteur des biotechnologies

·        Une harmonisation progressive du niveau de vie entre les différentes régions et couches sociales

·        Une forte poussée de l'urbanisation de l'ordre de 85% de la population totale

·        Un domaine agricole hautement développé

·        Un indice de pauvreté absolue réduit autour de 5 % de la population

·        La disparition de l'illettrisme chez les jeunes et une amélioration sensible des indicateurs sociaux.

 

Naturellement ces buts correspondent à un exercice d'élaboration d'hypothèses qui pourront orienter l'action de la société et du gouvernement, et le scénario ici présenté  traduit non seulement un objectif stratégique mais aussi l'optimisme qui pousse le pays et caractérise le peuple brésilien.

  

 

Débat

  

Questions de la salle  :  Une des raisons du succès des investisseurs français au Brésil est, me semble-t-il, la pratique par votre pays depuis très longtemps de la liberté d'exportations des dividendes. Est-ce que vous pouvez nous rassurer sur ce plan ? Je crois que cette pratique existe toujours et elle est essentielle pour les investisseurs français.

 

S.E. Monsieur Marcos de AZAMBUJA : Je peux être tout à fait catégorique. Le Brésil continuera d'appliquer cette politique. L'argent ne vient pas dans un pays d'où il ne peut pas sortir. S'il n'y a pas cette fluidité, les investissements n'arrivent pas. L'idée de contrôle des dividendes a été essayée à un certain moment un peu plus lyrique de notre histoire économique. Cela ne marche pas. Cela décourage les investissements. Le Brésil compte sur le fait que les investisseurs ont tendance à réinvestir là où ils se sentent bien, là où ils ont l'assurance de pouvoir sortir aisément.

 
La France et l'Espagne du côté européen, le Mexique, l'Argentine, le Brésil du côté latino-américain  sont en train de créer l'agenda pour cette grande réunion entre l'Europe et l'Amérique Latine. Il se prépare actuellement une rencontre internationale qui se tiendra à Rio dans quelques mois où cinquante deux chefs d'Etats vont se réunir. En perspective de cette grande réunion, nous pourrions dès maintenant commencer à faire des propositions et travailler ensemble sur ce projet de nouvel ordre international.

 

Jacques Baumel :  Le sommet de Rio de Juin prochain est un événement considérable. C'est le premier sommet dans l'histoire entre l'Amérique Latine et l'Europe. Il faut le préparer sérieusement, pour ce qu'il ne soit pas uniquement une rencontre de trois jours entre cinquante deux chefs d'Etat. C'est un élément très important pour dessiner une nouvelle carte mondiale économique et financière, surtout avec l'apparition de l'Euro en Europe.

 

Questions de la salle  :  Je m'interroge sur le refus persistant, me semble t-il, du Brésil à pratiquer la politique économique de rigueur monétaire qui a remis sur pied l'économie chilienne et l'économie argentine.

 
De cette première question en découle une seconde. Je me demande si l'Etat fédéral est capable au Brésil d'imposer ses vues en matière monétaire, car la chose qui m'a le plus frappé par rapport à il y a quelques années, c'est l'émergence non plus seulement politique et économique, mais financière et monétaire des grands Etats qui composent les Etats-Unis du Brésil. Des Etats comme San Paolo, comme Rio Grande Do Sul, comme Guanabara ont une économie formidable en grande expansion. Ils ne veulent plus apparemment se faire dicter leur politique par l'Etat Fédéral. Ils ont parfois des politiques monétaires indépendantes, ils se lancent dans des investissements audacieux qu'ils ne sont pas toujours capables de financer. Enfin, il y a un certain nombre de distorsions entre Brasilia et des Etats qui sont parfois aussi grands ou plus grands, que la France et dont le potentiel économique et même industriel est considérable.

 

S.E. Monsieur Marcos de AZAMBUJA : L'Argentine et le Chili ont fait les choses un peu mieux que nous.

 
En Argentine, après deux hyper inflations, il y a une détermination absolue, totale de rétablir le pays sur le chemin de sa grandeur, de sa prospérité. Elle en

avait terminé avec le passé, elle s'est jetée entièrement dans une nouvelle voie.

 
Pour le Chili, c'était plus facile. Il y avait une transition d'un régime autoritaire vers une démocratie, où les instruments du pouvoir étaient encore très nombreux, très puissants dans les mains d'un gouvernement qui vivait un moment éclairé de transition.

 
Au Brésil, l'histoire ne se passe jamais avec cette clarté. Il y a toujours des transitions ambiguës. Le Brésil a vécu avec l'inflation de mauvaise façon, mais on a créé de tels instruments, de tels anti-corps qu'elle est devenue un mal chronique. C'est le seul pays qui a vécu et prospéré pendant trente ou quarante ans avec une inflation chronique, ce qui était presque, du point de vue de la doctrine économique, une impossibilité.

 

Le Brésil aime les consensus. Nous voulons trouver les formules les moins contradictoires. Le Brésil n'a pas de partis politiques organisés, mais des groupes qui s'associent autour de certaines causes ou intérêts. Le Brésil est une fédération un peu anarchique, mais une fédération. L'idée qu'on pourrait gouverner le Brésil de Brasilia est impossible. Le Brésil ne peut pas devenir une république unitaire centralisée. Ce serait la rupture de ces contrats que nous avons entre nous. Il faut continuer à essayer de trouver les consensus vers la rationalité. Le Brésil a toujours la tentation de ne pas voir le monde. Quand on arrive au Brésil, on a l'idée qu'il n'y a rien au-delà. Seulement la Chine et un peu la Russie me donnent la même impression. Dans l'Univers, nous nous suffisons à nous-même. Nous parlons une langue différente de celle de nos voisins. En même temps, c'est un pays tout à fait cosmopolite, ouvert à tous les émigrants. Ce sont nos contradictions. Un jour, on demandait à un homme public italien si c'était facile ou difficile de gouverner l'Italie : il a dit "ni facile, ni difficile, inutile". D'où l'idée de l'impossibilité d'organiser trop bien les choses. Mais ce cadre de liberté permet au Brésil de continuer et de trouver des accommodations. La simplification du Brésil est une impossibilité.

 
Je n'écris plus de lettres aux journaux, même s'ils disent des choses qui me paraissent injustes. Le Brésil permet qu'il soit dit du bon comme du mauvais sur lui. Il y aura toujours une partie de vérité dans tout cela. C'est un pays tellement universel qu'il comporte à un certain moment tous les positifs, tous les négatifs. C'est un pays difficile, complexe, vaste de presque 8 millions de km2. 170 millions de personnes y vivent en paix, en unité, sans séparatisme, sans divisions, sans racisme, en démocratie. Le Brésil est un peu miraculeux. Je suis très fier de cette énorme mosaïque : cette tapisserie de races, d'intérêts, de climats. Il est important que le Brésil traverse bien cette période. Je crois que la voix du Brésil est utile dans les concerts de voix. Si le Brésil ouvert, tolérant, joyeux, multiracial ne réussit pas, ça sera mauvais pour nous tous. Le Brésil est un peu votre conscience, votre destin.

 


Questions de la salle  :  Monsieur l'Ambassadeur, vous avez dit que le premier objectif était de ne pas repartir dans un cycle d'hyper inflation. Vous avez fait remarquer que les taux d'intérêts élevés pour contrôler la masse monétaire étaient aussi à terme difficiles à supporter par le gouvernement brésilien, parce que cela avait un impact sur le poids de la dette. Il y a un ajustement prévu de longue date : diminuer le déficit public, notamment  le poids des retraites des fonctionnaires. Où en est-on par rapport à ce processus de  réduction du déficit ? En terme de recettes budgétaires, de nouveaux impôts sont-ils prévus par le ministre de l'économie ? Est ce que la crise monétaire a renforcé l'urgence de ces mesures, et existe-t-il d'autres mesures ?

 

S.E. Monsieur Marcos de AZAMBUJA : Nous avons adopté au congrès brésilien des mesures importantes d'austérité fiscale. Nous avons établi un impôt, impopulaire, sur les inactifs, sur les retraités. Nous sommes en train de réduire de façon sévère les dépenses de l'Etat. Nous augmentons les impôts. Ce qui est pervers, c'est que les taux d'intérêts très élevés, que nous avons du appliquer pour soutenir d'abord le Real et maintenant pour empêcher une accélération inflationniste, augmentent la dette intérieure qui à chaque fois fait pression sur le déséquilibre fiscal. Donc nous sommes dans un cercle vicieux. Tous les progrès que nous faisons dans la voie de l'équilibre fiscal sont un peu annulés par la dette intérieure qui augmente à cause des taux d'intérêts. Mais nous ne voyons d'alternative que de poursuivre avec une nouvelle équipe cette politique d'austérité qui combat l'inflation. Et surtout, le Brésil se bat aujourd'hui pour regagner la confiance. Si cette dernière ne revient pas, il n'y a pas de remède. Dix bonnes nouvelles ne font pas d'effet, une seule mauvaise accentue immédiatement la méfiance qui existe. Je crois que nous faisons ce que nous pouvons dans un cadre démocratique où il y a une limite de ce qu'on peut faire sans l'appui du Parlement, sans le vote de l'Assemblée Nationale. Nous sommes proches de la frontière de ce que nous pouvons faire sans mesures extraordinaires. Notre Président ne peut pas perdre l'appui des gouvernements des Etats. Cette crise a été précipitée par les déclarations d'un ou deux de nos gouverneurs qui ont annoncé, comme s'ils étaient presque des pouvoirs indépendants, une politique de non-paiement de la dette envers le gouvernement. Mais c'est notre problème. Je préfère, après trente ans d'autoritarisme au Brésil, les excès de la démocratie. C'est plus agréable, et au final plus utile de travailler dans cet excès de liberté. On se trompe moins dans la liberté, qu'on le faisait avant. Je crois qu'il est bon que le marché, notre opinion publique, la vôtre peu à peu s'organisent.