Page précédente

 

LA CHINE AU XXIème SIECLE

 

Au lendemain de la rétrocession de Macao à la Chine et de l'accord sur l'entrée de cette dernière à l'OMC, nous nous interrogeons sur les impressions de ce pas à l'abord de ce nouveau millénaire. Au cours d'un petit-déjeuner débat tenu à Paris le 16 décembre 1999, SEM Jianmin WU nous a éclairé sur les espoirs, les convictions et les projets de ce pays en pleine mutation.

 

WU Jianmin

Ambassadeur de la République populaire de Chine

 

 

 Les Chinois entrent dans le troisième millénaire avec confiance et optimisme. La fin de ce siècle aura accueilli deux évènements importants pour la Chine :

 

Les sources de la stabilité chinoise

La montée en puissance de la Chine est perçue soit comme une menace, soit comme synonyme, à terme, de chaos. Bien au contraire, elle profite au monde. Lors de la crise financière asiatique, la Chine a été un facteur de stabilité. Dans les crises internationales, la Chine s'est toujours prononcée pour la paix et la recherche de solutions pacifiques.

Le pays est stable pour les raisons suivantes : une philosophie de réforme et d'ouverture, des efforts en terme de croissance et de modernisation.

Le PIB de la Chine a été multiplié par trente en 50 ans. Les Chinois ont vu leur qualité de vie s'améliorer. Avant 1949, sur les 500 millions d'habitants, 400 millions avaient faim. Aujourd'hui, les 1,250 milliard d'habitants n'en souffrent plus. L'espérance de vie a doublé. Le taux de scolarisation des enfants est passé de 15 % à 99%.

La voie du développement

Les Chinois ont trouvé la voie de leur développement. La modernisation du pays sera lente et progressive. Pour y parvenir, Monsieur DENG Xiaoping a défini, depuis 1980, une stratégie qui a permis une progression fulgurante du PIB, malgré l'augmentation rapide de la population. L'objectif est, désormais, de rattraper le niveau de vie moyen des pays industrialisés en 2050.

Le dynamisme des relations sino-françaises

                                                                             

 

L'année 1999 a marqué le 35è anniversaire de l'établissement de relations diplomatiques entre la Chine et la France par le Président MAO Tse Toung et le Général de Gaulle. Depuis lors, ces relations sont dynamiques et fructueuses. La France est la 4ème puissance économique mondiale et la Chine est le plus grand des pays en développement. De nombreuses pistes restent donc à exploiter pour transformer les possibilités de coopération en projets concrets.

La politique de l'enfant unique

Il n'y avait pas d'autre alternative : la base démographique était trop élevée en Chine. Pendant les vingt dernières années, grâce à cette politique appliquée surtout dans les villes, nous pouvons comptabiliser 300 millions de naissances en moins. Nous suivrons cette politique tant qu'elle sera nécessaire.

Par ailleurs, nous essayons d'éduquer les parents car cela génère des enfants gâtés et individualistes.

L'évolution des relations sino-vietnamiennes depuis 1978

Les deux pays ont opté pour l'ouverture et la réforme. Les relations économiques se sont beaucoup développées. A la frontière, le commerce prospère. Les dirigeants de nos deux pays ont pris l'engagement de régler les différents frontaliers avant la fin 2000.

Nos relations sont basées sur des intérêts communs, en faveur d'un monde multipolaire, d'une politique étrangère indépendante et d'un développement des relations commerciales et économiques.

La Chine et la Russie

   

Les relations sino-russes sont les meilleures de la période 1949 à 1999. Ce ne sont pas des relations d'alliance, dirigées contre un autre pays, mais basées sur des intérêts communs.

Sur le plan international, la Chine et la Russie se prononcent pour un monde stable et multipolaire.

Lors de la dernière Assemblée Générale de l'ONU, les deux pays ont co-parrainé un projet de résolution sur le traité ABM.

Nos économies sont complémentaires : la Russie est riche en ressources naturelles. Malgré son immensité, la Chine n'en a pas assez. La Russie manque de produits de consommation courante, la Chine peut l'approvisionner.

Le commerce se développe entre nos deux pays et nous avons établi un "partenariat de coordination stratégique" signé par les deux chefs d'Etat en 1996.

Mon gouvernement ne réclamera pas le retour des territoires chinois occupés par la Russie. La frontière sino-russe est délimitée. Les deux pays sont parvenus à un accord définitif.

                                                                                                                                       source : Mme Lantigner

La politique nucléaire de la Chine

Cette politique est très claire, nous avons besoin d'une force nucléaire pour nous défendre. Notre arsenal ne servira pas à lancer l'offensive.

La Chine est la première puissance nucléaire à s'être engagée à ne jamais y avoir recours en premier.

De plus, l'arsenal militaire nucléaire chinois est particulièrement réduit. Nous n'avons pas les moyens de nous lancer dans une course aux armements.

Les Chinois veulent la paix afin de poursuivre leur croissance économique, qu'ils ont la possibilité de développer pour la première fois depuis 1840 (la guerre de l'opium).

Le système anti-missile

Les Etats-Unis ont l'intention de développer un système de défense anti-missile pour se prémunir des menaces extérieures. Cet argument n'est pas convaincant. En Chine, nous avons coutume de dire : "on ne tue pas une mouche avec un canon". Quelle est l'intention réelle des Etats-Unis, si ce n'est une volonté d'hégémonie sur le monde ?

Ce pays dispose déjà du plus grand arsenal nucléaire au monde. Nous craignons que le déclenchement d'un système de défense anti-missile pour les Etats-Unis entraîne une course aux armements.

La Chine et les Etats-Unis arborent souvent des positions divergentes. Cependant, et notamment grâce à l'accord sur l'OMC, nous tentons de faire converger les comportements dans un intérêt mutuel.

Actuellement, les Etats-Unis sont le deuxième partenaire commercial de la Chine, le premier étant le Japon. Même s'il y a eu des crises diplomatiques, notamment depuis la décennie 1980, de part et d'autre, on s'efforce de trouver une solution.

Les relations sino-coréennes

 

         Nous entretenons des relations traditionnelles avec la Corée du Nord. Notre politique consiste à ne pas nous ingérer dans les affaires intérieures de cette dernière, dont nous respectons la souveraineté.

    Nous maintenons une vaste coopération avec toute la Corée. Inversement, en Chine, les investissements sud-coréens représentent plus de 20 milliards de dollars américains.

    Nous encourageons le dialogue entre le Nord et le Sud, sachant qu'il faudra demeurer patient. La Chine participe à un dialogue à quatre avec les Etats-Unis et les deux Corées afin d'alléger les tensions et promouvoir les intérêts communs. Il est nécessaire d'associer le Nord aux processus d'intégration régionaux plutôt que de le laisser à l'écart ou de prendre des mesures de rétorsion à l'encontre de sa politique.

    Nous regardons d'un œil très favorable l'effort de la Corée du Sud en faveur du développement du tourisme dans la péninsule.

 

De gauche à droite : SEM Jianmin WU, Jacques BAUMEL

 

Le rôle des PME-PMI en Chine

Si la Chine veut progresser dans les échanges économiques, il faudra qu'elle se dirige de plus en plus vers des entreprises de taille moyenne.

Le président JIANG Zemin, le 25 octobre dernier, a exprimé sa volonté de voir se développer la coopération entre PME-PMI françaises et chinoises, notamment par le jumelage, la mise à contribution des chambres de commerce et d'industries des deux pays, la création de synergies avec les communautés expatriées...

Comme la volonté est réelle de part et d'autre, il nous appartient à présent de faire des efforts coordonnés afin de recueillir le fruit de ces coopérations.

 

Haut de page